Naevus géant congénital

Le naevus géant congénital avec les maladies apparentées (mélanome malin, mélanocytose neurocutanée) sont des malformations de la peau comprenant des agrégats de cellules pigmentaires (mélanocytes) avec un fort composant visible et à frontière nette. D'autres malformations de la structure de la peau peuvent y être associées, et plus rarement, d'autres pathologies ou cancers encore. Notre programme de recherche vise à développer un ou plusieurs modèles animaux qui récapitulent ces associations. Ainsi nous pourrons étudier la mise en place des naevi chez les embryons au cours du développement, avoir la possibilité de tester des thérapies qui se développent pour les traiter, et de disséquer les facteurs de prédisposition aux complications qui peuvent menacer la vie. Actuellement de tels modèles animaux n'existent pas.

Nous faisons d'abord appel aux quelques données acquises chez le rongeur transgénique, qui mettent certaines molécules en cause à des moments précis du développement des cellules précurseurs des mélanocytes. L'hyperactivité de ces molécules est aussi impliquée dans plusieurs cancers dont le mélanome malin chez l'adulte. Notre hypothèse est que la concordance de temps et de l'espace permettent le développement des très grands nævi congénitaux. Le temps : quand au cours de la vie prénatale peut survenir une première mutation puis l'activation de tels molécules ? Espace : dans quels cellules multipotentes et avec quel potentiel de changement de destin ? Notre groupe introduit des altérations moléculaires au sein des cellules appropriées chez l'embryon de poulet ou de souris afin d'étudier dans des situations reproductibles, des conséquences qui ressemblent à ce qu'on voit chez l'humain.

Cette étude pilote permet le développement d'un nouveau sujet au sein de notre équipe en embryologie expérimentale appliqué à la pathologie humaine.

Par ailleurs, nous avons des données génomiques qui nous mettent sur la piste du séquençage haut débit du génome entier de l'ADN issue de naevi géants opérés, pour les comparer au génome constitutionnel des personnes atteintes et leurs parents. Nous pensons pouvoir mettre en évidence les prédispositions génétiquement transmises ainsi que les variations somatiques acquises au cours de l'embryogenèse, afin d'expliquer la rareté et la nature plutôt sporadique de cette malformation et prédisposition au cancer.

Ces études sont financées par les associations de patients Naevus 2000 France-Europe et Nevus Outreach, Inc. (USA) ainsi que par de nombreux particuliers, et continuent à être soutenues par Asociación Española de afectados por Nevus Gigante Congénito et l'Association du Nævus Géant Congénital.

Contact

  • Heather Etchevers - Chercheur INSERM
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